Cisjordanie : un nettoyage ethnique de grand ampleur organisé, violent, avec la complicité des pays occidentaux
De la capacité des peuples à stopper l'extermination du peuple Palestinien dépend l'avenir du monde !
Depuis plus de deux ans, en Cisdornanie, Israël redouble d’une violence quotidienne, de dépossession organisée et de négation méthodique des droits fondamentaux des 3,4 millions de Palestiniens de Cisjordanie. Ce qui se déroule aujourd’hui sous les yeux de la communauté internationale relève d’un système de domination, de colonisation et d’apartheid organisé politiquement, militairement et juridiquement par Israël, avec la complicité des pays occidentaux
L’objectif de ce terrorisme d’état ? L’annexion de la Cisjordanie en forçant les Palestiniens à quitter leur terre ancestrale. Ce qui été indiqué à maintes reprises par le ministre israélien des Finances et responsable de la gestion civile en Cisjordanie – Bezalel Smotrich.
Les derniers rapports des Nations unies, publiés début janvier 2026 par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (OHCHR) et par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA #352), documentent de façon précise ce que les Palestiniens vivent quotidiennement : une détérioration accélérée des conditions de vie, une intensification des violences, et une destruction progressive de toute perspective de vie digne.

Depuis 2023, l’assassinat de Palestiniens de Cisjordanie a été multiplié par 7 par rapport aux vingt dernières années
Plus de 1 000 Palestiniens, dont 210 enfants, ont été assassinés en Cisjordanie depuis octobre 2023, et plus de 10 000 ont été blessés, le plus souvent par balles réelles. Parmi eux, près de 210 enfants ont perdu la vie. Ces chiffres, établis par l’OHCHR correspondent à des familles endeuillées, à des corps mutilés, à des communautés traumatisées.
Les raids militaires, les tirs lors de manifestations ou d’opérations nocturnes, les incursions dans les camps de réfugiés et les exécutions de facto sont désormais des pratiques routinières. Le droit à la vie, pourtant fondement de tout ordre juridique, est quotidiennement violé. Rien que pour les 15 derniers jours de l’année 2025, l’OCHA (#352) indique que 95 Palestiniens, dont 55 enfants ont été blessés.
Pour mesurer l’ampleur deces meurtres, rappelons que le gouvernement israélien a assassiné presque autant de palestiniens ces deux dernières années (> 1000) que durant la période 2005-2023 (1321 Palestiniens assassinés) !
Cette violence quotidienne planifiée et organisée a pour objectif de terroriser et obliger les Palestiniens à quitter leur terre ancestrale.
Depuis octobre 2023, plus de 30 000 Palestiniens ont été déplacés de force en Cisjordanie (OHCHR). Des villages entiers ont été vidés, des communautés pastorales détruites, des terres confisquées pour être annexées de facto par les colonies.
Les démolitions dites « administratives », fondées sur l’absence de permis de construire – permis que les autorités israéliennes refusent quasi systématiquement aux Palestiniens – servent de prétexte légal à une politique de déplacement. Des dizaines de structures ont encore été rasées récemment en zone C et à Jérusalem-Est, laissant des familles, souvent avec enfants, sans abri, en plein hiver.
« C’est une forme particulièrement sévère de discrimination raciale et de ségrégation, qui ressemble au système d’apartheid que nous avons vu auparavant ».
Volker Türk, responsable des droits de l’homme de l’ONU (8 janvier 2026)
En 2025, Israël a validé la construction d’un total de 28163 logements illégaux, selon l’ONG israélienne PEACENOW, soit autant que les six années précédentes. Ces autorisations se font désormais toutes les semaines de façon à accélérer cette colonisation illégale.
Déplacements forcés et démolitions depuis octobre 2023 (sources OHCHR, OCHA)
- Expropriation de dizaines de milliers d’hectares de terres palestiniennes
- Création de 69 nouvelles colonies illégales
- Construction d’un total de 28163 logements illégaux, soit autant que les six années précédentes
- > 30 000 personnes déplacées depuis octobre 2023, dont 45-50 % d’enfants
- Des communautés entières vidées (nord de la Cisjordanie, vallée du Jourdain)
- 35 % des cliniques médicales mobiles détruites ou bloquées privant plus de 200 000 Palestiniens d’accès à la santé
- des dizaines de structures démolies chaque mois
Ce processus s’inscrit dans une stratégie de fragmentation territoriale et de remplacement démographique, visant à rendre toute continuité palestinienne impossible et créer un système d’apartheid.
Les colons : le bras armé et impuni du terrorisme de l’état israélien contre le peuple de Cisjordanie
L’OCHA (Update 350) a répertorié plus de 1 800 attaques menées par des colons en 2025 dans près de 280 communautés de Cisjordanie, soit une moyenne d’environ cinq attaques par jour.
Au délà des agressions physiques et armées, l’OHCHR et l’OCHA documentent de façon précise que ces violences des colons organisées par l’état israélien visent au sabotage économique et agricole de la Cisjordanie et à induire un harcèlement continu psychologique des Palestiniens
- Destruction d’oliviers : Plus de 55 000 arbres (essentiellement des oliviers centenaires) ont été brûlés, coupés ou déracinés
- Appropriation des ressources d’eau, destruction des réservoirs, des canalisations privant plus de 300000 Palestiniens de Cisjordanie d’eau et les forçant à se déplacer vers la vallée centrale du Jourdain
- Destruction de 35 % des cliniques médicales mobiles privant plus de 200 000 Palestiniens d’accès à la santé, destruction de panneaux solaires, de tentes de stockage
- Vols de bétail : Des centaines de têtes de bétail ont été saisies, privant les communautés bédouines de leur unique moyen de subsistance.
- Barrages, obstacles routiers, fermetures de routes et contrôles militaires compliquent l’accès aux soins, au travail, aux écoles et aux marchés.
- Harcèlement des enfants sur le chemin de l’école (facteur majeur de déscolarisation)
Ces entraves sont pour beaucoup des facteurs clés d’une contraction économique sévère — estimée à près de 25–28 % pour l’ensemble du territoire — aggravée par une réduction des permis de travail et des interruptions fréquentes des activités commerciales et agricoles.
En outre, les barrières physiques comme la barrière de séparation entraînent des blessures ou des décès parmi les Palestiniens qui tentent de franchir ces obstacles pour travailler ou rejoindre des services essentiels.
Cette violence quotidienne vise à terroriser en permanence le peuple de Cisjordanie.
« Les déplacements forcés et les attaques répétées des colons ont des conséquences profondes sur les communautés palestiniennes. Les violences perpétrées par les colons et les militaires engendrent un climat de peur généralisée et de stress chronique. Elles affectent gravement le bien-être mental des familles, en particulier des enfants, et provoque des symptômes traumatiques tels que cauchemars, crises de panique et anxiété sévère. »
OCHA (Update 350)
Un cas emblématique résumant toute cette violence organisée et impunie
L’assassinat de Awdah Hathaleen qui avait collaboré à la réalisation du documentaire oscarisé No Other Land.
Awdah Hathaleen, âgé de 31 ans et père de trois enfants, a été abattu de sang froid par le colon israélien Yinon Levi le 28 juillet 2025 à Umm al-Khair, dans les collines du sud d’Hébron. Les vidéos montrent clairement qu’Awdah et les Palestiniens présents ne représentaient aucune menace.
Pourtant, malgré la mort d’un civil, malgré les vidéos relayées dans le monde netier, Yinon Levi demeure libre à ce jour, tandis que 21 Palestiniens présents ont été arrêtés pour avoir tenté de porter secours ou filmé la scène. Les autorités israéliennes ont invoqué la légitime défense – une justification régulièrement utilisée pour exonérer les colons de toute responsabilité pénale. Dans n’importe quelle démocratie digne de ce nom, un tel acte vaudrait des années, voire des décennies de prison. En Cisjordanie occupée, il ne vaut rien.
Une « Asphyxie systématique » des droits fondamentaux des Palestiniens (OHCHR, 7 janvier 2026)
Selon l’OHCHR, les lois, politiques et pratiques israéliennes créent une discrimination profonde et multidimensionnelle touchant presque tous les aspects de la vie quotidienne – de l’accès à l’eau à l’éducation, du droit de circuler à la possibilité de cultiver ou de vivre sur ses terres.
L’OHCHR souligne que :
- les autorités traitent les colons israéliens et les Palestiniens selon deux corps de lois distincts, générant une inégalité structurelle en matière d’accès à la justice, de mouvement, d’accès aux ressources et d’utilisation des terres, de manière systémique et durable.
- de nombreux droits fondamentaux – droit à l’éducation, à la santé, à l’eau, à la liberté de mouvement et à la vie familiale – sont quotidiennement restreints par des pratiques légales et administratives discriminatoires.
- ces pratiques, lorsqu’elles sont examinées à la lumière des normes internationales, notamment l’article 3 de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, peuvent être interprétées comme relevant d’une violence raciale structurelle ou d’une forme d’apartheid, un terme explicitement utilisé pour qualifier la ségrégation et la subordination structurelle des Palestiniens dans le cadre de ce rapport.
Éducation et conditions de vie en crise
La violence et les restrictions affectent gravement l’éducation. Plus de 80 000 élèves et près de 5 000 enseignants sont privés d’école par des incidents liés à la violence ou à des obstacles à l’éducation au cours de l’année scolaire 2024–2025, selon l’OCHA. Certaines écoles dans des camps de réfugiés restent fermées ou sont utilisées comme abris temporaires, contraignant les enfants à des formes d’enseignement précaires ou à distance.
À cela s’ajoutent les effets des conditions météorologiques extrêmes — comme des tempêtes de fin d’année ayant endommagé des tentes et abris de communautés vulnérables déjà fragilisées — rendant encore plus difficile la vie quotidienne des populations déjà en situation précaire.
Restrictions israéliennes à l’action des ONGs et de l’UNRWA, et rappel des injonctions de la Cour internationale de Justice
Depuis 2024, et de manière renforcée en 2025–2026, les autorités israéliennes ont adopté ou annoncé une série de mesures restreignant sévèrement l’action des organisations humanitaires internationales opérant dans les territoires palestiniens occupés, en particulier à Gaza, mais avec des effets indirects sur l’ensemble du dispositif humanitaire régional, y compris en Cisjordanie.
Plusieurs ONG internationales ont fait état de suspensions de visas, de restrictions d’accès, de retards administratifs délibérés et de tentatives de conditionnement politique de l’aide, compromettant la fourniture de services essentiels à la population civile.
L’UNRWA – l’organisme créé par les Nations Unis pour fournir une éducation, des soins de santé primaires et d’aide humanitaire aux réfugiés palestiniens – a été particulièrement ciblée, Israël contestant publiquement sa légitimité et cherchant à limiter ou empêcher ses opérations à Gaza (Ces restrictions interviennent malgré le réquisitoire extrémement sévère de la Cour internationale de Justice (CIJ) contre les allégations d’Israël (22 octobre 2025).
Dans son avis rendu en février 2025 dans le cadre de la procédure engagée par l’Afrique du Sud, la CIJ a rappelé qu’Israël, en tant que puissance occupante, a l’obligation :
- de permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire,
- de faciliter le fonctionnement des organisations humanitaires, y compris l’UNRWA,
- et de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir des atteintes graves aux droits fondamentaux des civils palestiniens.
Le non-respect de ces obligations soulève de sérieuses questions quant à la conformité des politiques israéliennes avec le droit international humanitaire, en particulier les Conventions de Genève, et accentue le risque d’un effondrement durable des capacités de survie des populations civiles, y compris au-delà de Gaza.
Colonies israéliennes, commerce international et responsabilités des États et acteurs privés
Le droit international humanitaire est sans ambiguïté concernant les colonies israéliennes en Cisjordanie. L’article 49(6) de la Quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile dans le territoire qu’elle occupe. Cette illégalité a été réaffirmée à de multiples reprises par le Conseil de sécurité des Nations unies, notamment dans la résolution 2334 (2016).
Sur le plan économique et financier, les normes internationales, rappelées par les Nations unies, établissent que :
- les États tiers ont l’obligation de ne pas reconnaître comme licite une situation résultant d’une violation grave du droit international ;
- ils doivent s’abstenir de toute aide ou assistance contribuant au maintien de cette situation.
Cela inclut, selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, les activités commerciales, financières et d’investissement liées aux colonies, qu’il s’agisse de commerce de biens produits dans les colonies, de services, d’infrastructures, ou de financements directs ou indirects.
Or, depuis le 7 octobre 2023, plusieurs rapports de l’ONU et d’ONG indiquent que :
- l’activité économique dans certaines colonies s’est maintenue, voire renforcée,
- de nouvelles infrastructures, routes et avant-postes ont été soutenues par des fonds publics israéliens,
- et que l’absence de mesures contraignantes de la part de nombreux États tiers a permis la poursuite de relations commerciales impliquant, directement ou indirectement, les colonies.
Cette situation alimente un système économique qui contribue matériellement à la consolidation d’une occupation jugée illégale par la communauté internationale, tout en exposant les entreprises concernées à des risques juridiques croissants.
Les gouvernements européens sont complices de ce nettoyage ethnique organisé, violent, qualifié d’apartheid par l’ONU
Depuis 2000, l’Europe a signé avec Israël un accord de libre-échange pour les produits industriels et agricoles, ainsi qu’une coopération politique, économique et culturelle entre les deux parties. L’Union européenne est le premier partenaire commercial d’Israël, avec environ un tiers des exportations israéliennes destinées à l’UE et 40 % de ses importations en provenance de l’Union.
Dans son article 2, cet accord de libre échange stipule :
« Les relations entre les Parties, ainsi que toutes les dispositions de l’accord lui-même, sont fondées sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, qui guident leur politique intérieure et internationale et constituent un élément essentiel du présent accord. »
Accord de libre-échange UE-Israël
Etant donné les graves violations du droit humanitaire et international documentées à de nombreuses reprises par les organisations de l’ONU, la Cour Internationale de Justice et la Cour Pénale internationale, l’aggravation dramatique de la situation tant à Gaza et en Cisjordanie, l’UE et les gouvernements européens peuvent suspendre immédiatement cet accord de libre échange dont la survie économique d’Israël dépend.
Mais au-delà de quelques condamnations verbales, mis à part l’Espagne, L’Irlande et la Norvège, aucun gouvernement n’a pris des sanctions.
Bien au contraire,
- L’Allemagne et la France continuent de vendre des armes à Israël
- Le commerce avec les colonies illégales s’amplifie
- Les soldats binationaux, notamment Franco-israéliens, participant au génocide à Gaza et à l’apartheid en Cisjordanie ne sont pas poursuivis
- Les dirigeants israéliens poursuivis par par la Cour Pénal internationale continuent à survoler le territoire français, alors que le gouvernement français a l’obligation de les arrêter.
De la capacité des peuples à stopper l’extermination du peuple Palestinien dépend l’avenir du monde !
L’accélération brutale en ce début d’année 2026 de la désorganisation mondiale par l’impérialisme américain et ses satellites (Israël, pays occidentaux) en Amérique latine, en Ukraine, au moyen orient, en lutte avec l’impérialisme chinois et autres impérialismes, montre plus que jamais aux peuples du monde entier que l’avenir de l’humanité et du monde vivant dépend de leur capacité à dénoncer leurs dirigeants qui, sous les ordres d’une oligarchie de milliardaires, entraînent le monde entier dans une folie coloniale et guerrière. La puissance des armes létales, nucléaires, numériques, économiques est gigantesque et une lutte entre ces oligarchies de milliardaires pour spolier et accumuler encore plus de richesses peut entraîner très vite notre planète dans un processus de destruction massive.
Bernard K. Les Insoumis du Pic Saint Loup (Hérault)
