Voici comment repérer la gauche impérialiste
Voici comment repérer la "gauche", au service de l'impérialisme. Elle apparaît précisément dans ces moments où l’histoire s’accélère, où un peuple subit une agression extérieure, et où l’urgence politique devrait imposer une ligne claire. Que fait alors cette gauche-là ? Elle déplace le regard.

Extrait de https://www.youtube.com/post/Ugkx_J8kApHBD0VfhPACCBWqxIavfdbmIo8e
Voici comment repérer la « gauche », au service de l’impérialisme. Elle apparaît précisément dans ces moments où l’histoire s’accélère, où un peuple subit une agression extérieure, et où l’urgence politique devrait imposer une ligne claire. Que fait alors cette gauche-là ? Elle déplace le regard. Le problème du texte de Mediapart n’est pas ce qu’il dit explicitement, mais ce qu’il choisit de faire exister comme cadre d’analyse. Alors que le Venezuela subit une agression caractérisée de l’impérialisme étatsunien, le papier recentre immédiatement le récit sur la « stupeur », puis surtout sur une partie de la population « peu solidaire d’un pouvoir qui la terrorise depuis des années ». Autrement dit, au moment même où l’Empire frappe, le média installe une équivalence morale entre l’agressé et l’agresseur. C’est là que ça déraille politiquement.
Personne n’est obligé de défendre Maduro, ni de nier les dérives autoritaires, la dégénérescence du projet socialiste ou les contradictions internes du régime. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, ici et maintenant, c’est une opération de banditisme impérialiste visant à prendre le contrôle d’un pays, surtout de ses ressources, de son pétrole, et à briser toute tentative de souveraineté populaire en Amérique latine.
En mettant en avant la défiance interne envers le pouvoir au moment précis de l’agression, Mediapart fait exactement ce que fait la gauche impérialiste : elle désarme politiquement son camp, elle rend l’ingérence « compréhensible », presque logique, et elle transforme une attaque impériale en simple épisode d’un conflit interne. Ce cadrage n’est pas neutre. Il est fonctionnel à l’Empire. La gauche anticapitaliste et anti-impérialiste devrait dire une chose simple et ferme : on peut refuser de soutenir Maduro sans une seule seconde hésiter à condamner le coup d’État soutenu ou organisé par Trump et l’impérialisme étatsunien. Tout le reste est du bavardage moral qui sert objectivement les dominants. Quand la gauche commence à analyser les bombardements à travers le prisme de la « popularité » d’un gouvernement attaqué, elle a déjà changé de camp.
